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La consommation des ménages : les dernières tendances
 
03/04/2006 Etudes
Pays des Vals de Saintonge
Si la consommation des ménages progresse de 2,1% en 2005, elle n'a pas en revanche les retombées attendues sur les entreprises françaises et sur la distribution alimentaire.
 

Dans sa lettre du 30 mars 2006, l'institut d'études économiques Xerfi relève la performance surprenante de la consommation des ménages en 2005 (+2,1%) alors que le PIB a cru seulement de 1,8%, que la distribution traditionnelle est restée atone, que le pouvoir d'achat croît modestement et que le taux de chômage demeure malgré tout élevé.

Une analyse fine permet de mieux comprendre ces résultats.

D'abord les raisons de l'augmentation de la consommation des ménages : d'une part, la baisse des taux d'intérêt a stimulé la dépense des ménages (la production de crédits a progressé de 9% en 2005) et d'autre part, les consommateurs ont profité de la valorisation de leur patrimoine immobilier.

Ensuite les raisons du faible impact sur la croissance économique et en particulier sur la distribution traditionnelle : pour commencer, 90% de la consommation des ménages est concentrée sur 4 secteurs, constitués pour beaucoup de services et qui échappent aux circuits de distribution traditionnels : le logement, les services financiers, les télécommunications qui découlent la plupart du temps du 4e secteur qu'est l'équipement (hi-fi, audiovisuel et informatique).
Ce dernier comprend notamment ce que l'on appelle l'Electronique Grand Public qui a concentré à lui seul 80% des dépenses des français en produits manufacturés en 2005, soutenu par la vague du numérique avec ses très nombreuses innovations et une baisse des prix régulière. Et c'est là précisément là que le bât blesse pour la croissance de notre PIB : ce sont des produits fabriqués pour l'essentiel dans des pays à faible coûts de production et qui sont tout simplement importés, ne bénéficiant pas aux industries françaises, et pour beaucoup, ces produits sont distribués par internet, échappant ainsi aux réseaux de distribution classiques.

Quant aux produits alimentaires, leur consommation a baissé en volume de 1,6% en 2005, et ils ne constituent plus aujourd'hui que la variable d'ajustement des consommateurs français, de quoi pousser la grande distribution à aller se battre sur le terrain du non-alimentaire !